22 août 2006

Le bon bout du baton.

Ce matin, TiBlan, chef de gang, tristement connu à Port-au-Prince, devra remettre ses armes à la MINUSTAH dans le cadre du programme DDR. La nouvelle a été annoncée, hier à la radio.
Pour l'occasion, il a invité toute une série de personalités pour célébrer l'événement.
S'agit-il d'une opération de marketing?
Je n'en crois pas mes oreilles.
Alors que le Chef de l'Etat a mis en garde les assassins, bandits et autres chimères de tout accabit, qu'ils n'avaient que le choix de remettre leurs armes ou de mourir, alors que Monsieur Jacques Edouard Alexis, Premier Ministre, affirme qu'il va restaurer l'autorité de l'Etat, il fait peine à voir que ces bandits ne sont pas inquiétés. Leur "service de relation publique" est à l'oeuvre.
Il faut dire qu'on a vu le coup venir:
Au lendemain de sa libération, Yvon ZapZap, n'avait il pas demandé à René Préval de retirer ses propos. Alors que ce dernier s'adressait à ceux qui quotidiennement font couler le sang, le partisan zélé de Jean-Bertrand Aristide estimait qu'il s'agissait d'une attaque contre les activistes lavalasses [Aveux déguisé???].

La question est de savoir qui tient le bon bout du baton.
Pour le moment, que ce soit la Police Nationale, ou la Minustah, l'état de la sécurité de la ville ne dépend que du bon vouloir des chimères. Losqu'ils ont voulu établir une trêve après les élections, nous avons tous cru que le calme était revenu et que la vie pourrait recommencer.
La MINUSTAH ne nous avait elle pas informé avoir repris le contrôle du BelAir?
Dans ces deux cas, l'acalmie a été de courte durée et de nouveaux foyers sont apparus. GrandRavine, Pelé etc... sont là pour nous rappeler que jusqu'à présent seul Amaral et consors décident de nos vies, de nos biens.
Comment en saurait il être autrement? La déclaration du Président n'est survenu qu'après le tolé provoqué par son intention de "négocier" avec les assassins. Même après cette "correction" sa menace n'a pas été accompagné d'un délai. Des rumeurs font état de rencontres entre la Gouvernace et les chefs de gangs. Les auteurs des violences du 5 décembre 2003 ont été libéres. Comment prendre tout cela au sérieux?
Pour être bref, l'impression générale est que des liens existent entre le sommet le de la hierarchie gouvernementale et l'état-major des chimères. Malgré quelques interventions sporadiques, les citoyens restent dubitatifs devant cette "Mission de Stabilisation" dont le mandat est pourtant clair, qui trop souvent laisse tuer, violer, détruire sans bouger le petit doigt. Du coup, la société civile dont seul l'appui, pourrait legitimer une action musclée de la part des autorités, reste effacée.
Il faut que les autorités de ce pays lancent des signaux clairs, sans ambiguités, pour nous démontrer leur réelles volonté d'un changement. Alors, seulement, la peur changera de camp et nous auront saisi le bon bout du baton