10 septembre 2006

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Vers 9:30 hier soir, nous avons, ma copine et moi décidé de diner dehors.
En arrivant à Anba Tonèl, à Pétion-Ville, nous sommes accueilli par un spectacle de gyrophares, d'ailleurs, la rue est barrée par une voiture de police. La foule regarde vers le bas de la rue Villatte.
Que se passe t'il ? Un jeune homme aurait été assassiné, me répond une passante.
- On viend de lui tirer dessus! Il sortait du restaurant; me confirme une dame, elle semble etre une habituée, peut être même la compagne du propriétaire.
Nous rentrons, l'endroit est au trois-quart vide.
Je demande au serveur qui s'approche ce qui s'est passé. Un habitué du restaurant, du nom de Carlito, s'est fait tiré dessus en sortant du restaurant. Sa femme serait morte.
Les clients reviennent. L'atmosphère est lourde, mais mis à part la table d'en face où sont réunis une demi-douzaine d'hommes, personne ne semble parler du drame.
Le propriétaire rentre, regarde autour de lui et lance: " Allons nous rester les bras croisés à attendre notre tour? " Il est visiblement sous le choc. On sent l'homme digne, au sens haitien du terme. Il en a marre, comme nous tous, de cette violence qui n'en fini pas. Sa compagne s'approche, lui passe tendrement la main sur la tête. L'assistance détourne le regard, les yeux plongent dans les assiettes. On a tous l'air géné de son coup de gueule.
Une jeune femme rentre, elle cherche une pompe électrique, elle a une crevaison.
Les langues se délient, on parle de tout et de rien. La vie peut recommencer.

NO COMMENT

22 août 2006

Le bon bout du baton.

Ce matin, TiBlan, chef de gang, tristement connu à Port-au-Prince, devra remettre ses armes à la MINUSTAH dans le cadre du programme DDR. La nouvelle a été annoncée, hier à la radio.
Pour l'occasion, il a invité toute une série de personalités pour célébrer l'événement.
S'agit-il d'une opération de marketing?
Je n'en crois pas mes oreilles.
Alors que le Chef de l'Etat a mis en garde les assassins, bandits et autres chimères de tout accabit, qu'ils n'avaient que le choix de remettre leurs armes ou de mourir, alors que Monsieur Jacques Edouard Alexis, Premier Ministre, affirme qu'il va restaurer l'autorité de l'Etat, il fait peine à voir que ces bandits ne sont pas inquiétés. Leur "service de relation publique" est à l'oeuvre.
Il faut dire qu'on a vu le coup venir:
Au lendemain de sa libération, Yvon ZapZap, n'avait il pas demandé à René Préval de retirer ses propos. Alors que ce dernier s'adressait à ceux qui quotidiennement font couler le sang, le partisan zélé de Jean-Bertrand Aristide estimait qu'il s'agissait d'une attaque contre les activistes lavalasses [Aveux déguisé???].

La question est de savoir qui tient le bon bout du baton.
Pour le moment, que ce soit la Police Nationale, ou la Minustah, l'état de la sécurité de la ville ne dépend que du bon vouloir des chimères. Losqu'ils ont voulu établir une trêve après les élections, nous avons tous cru que le calme était revenu et que la vie pourrait recommencer.
La MINUSTAH ne nous avait elle pas informé avoir repris le contrôle du BelAir?
Dans ces deux cas, l'acalmie a été de courte durée et de nouveaux foyers sont apparus. GrandRavine, Pelé etc... sont là pour nous rappeler que jusqu'à présent seul Amaral et consors décident de nos vies, de nos biens.
Comment en saurait il être autrement? La déclaration du Président n'est survenu qu'après le tolé provoqué par son intention de "négocier" avec les assassins. Même après cette "correction" sa menace n'a pas été accompagné d'un délai. Des rumeurs font état de rencontres entre la Gouvernace et les chefs de gangs. Les auteurs des violences du 5 décembre 2003 ont été libéres. Comment prendre tout cela au sérieux?
Pour être bref, l'impression générale est que des liens existent entre le sommet le de la hierarchie gouvernementale et l'état-major des chimères. Malgré quelques interventions sporadiques, les citoyens restent dubitatifs devant cette "Mission de Stabilisation" dont le mandat est pourtant clair, qui trop souvent laisse tuer, violer, détruire sans bouger le petit doigt. Du coup, la société civile dont seul l'appui, pourrait legitimer une action musclée de la part des autorités, reste effacée.
Il faut que les autorités de ce pays lancent des signaux clairs, sans ambiguités, pour nous démontrer leur réelles volonté d'un changement. Alors, seulement, la peur changera de camp et nous auront saisi le bon bout du baton

05 mai 2006

Et Digicel arriva....



Après des semaines d'attente, que dis-je, des mois, Digicel a fait, hier matin, son entrée sur le marché du cellulaire en Haiti.
Une campagne d'affichage sans précédent et un matraquage médiatique hors-pair ont accompagnés cette entrée.
D'interminables files d'attente se formaient déja devant l'entrée des centaines de distributeurs du nouvel opérateur avant leur ouverture.
Les billboard, les murs, les pilônes éléctriques affichaient clairement leurs intentions : Meilleure couverture, meilleur service, meilleurs tarifs. Et bien que le très sérieux Red Herring nous confirme un taux de pénétration de 3,4% du marché, Digicel a choisi d'anéantir la compétition.


Et en ligne de mire, Comcel, l'autre opérateur GSM.

Il faut dire qu'ils n'ont pas fait dans la finesse:
Tout possésseur d'un téléphone Comcel a droit à un cellulaire Digicel gratuit. Les abords des principaux centres Comcel sont recouvert du rouge Digicel.
La rumeur voudrait que dans la seule journée du 3 mai, 10% des GSM Voila aient été récupérés par Digicel. Ils seraient alors désactivés et négligemment jetés dans de gigantesques poubelles, devant le client.
Enfin, le Directeur Executif de Comcel lui même nous apprenait, sur Vision 2000, que Digicel avait, péremptoirement, installé certaines de ses antennes de manière à ce qu'elles entravent le bon fonctionnement de celles de Comcel.

Honnêtement, je m'attendais à un combat de Titans: Comcel est devenu le premier contribuable de la Nation, et la croissance fulgurante qu'elle a connu au cours des dernières années ferait palir d'envie bien des traders de Wall-Street. Mais le service restait execrable. Impossible de joindre un possesseur de Voila, communications interrompues à tout bout de champ et surtout à 5 gourdes la minute (U$0.13), la téléphonie cellulaire demeure un luxe pour la majorité des Haitiens. Haitel, le second opérateur local, ne faisait pas le poids. Utilisant la technologie CDMA, qui n'a rien à envier au GSM, ils n'ont jamais voulu faire bénéficier au client haitien des avantages liés à la technologie. Pas de plan familial, pas de tarifs de week-end, pas de SMS. Un service à la clientèle qui rappele celui de nos services publics. et une tarification similaire à Comcel.
La réponse immédiate à l'arrivée du géant caraibeen a été d'annoncer la gratuité des appels reçus quelques soient le plan choisi. [Un usager Haitel ne paie plus pour les appels reçus d'un autre Haitel. Idem pour Comcel]. Mais, il s'agit d'une bien faible riposte, face aux canons publicitaires de Digicel. (A 4 gourdes / min, Digicel est 20% moins cher que Comcel ou Haitel, ils ont déja annoncé la gratuité en week-end ainsi que le plan famille et surtout une tarification à la seconde).
Je doute maintenant de ce combat que j'attendais tant. Nos deux géants, Comcel & Haitel, semblent ne pas faire le poids. D'ailleurs leur refus commun de l'interconnexion avec Digicel en dit long sur leur inquiétude respective.
Ces géants aux pieds d'argile vont ils engager le combat face au nouveau venu ?
Permettez moi d'en douter. Pourtant, la concurrence demeure le meilleur bouclier des droits du consommateur que je suis.
  • Le Conatel, autorité légale, n'est pas arrivé à imposer l'interconnection, malgré l'ultimatum du 1er mai.
  • Si les actuels déboires de la Comcel ou de la Haitel face à leur nouveau concurrent peuvent faire sourire ceux qui avaient été jusqu'ici considérés comme des vaches à lait, plutot que comme des consommateurs, il va sans dire que les techniques commerciales utilisées par la Digicel, notemment en visant directement les clients de Comcel, sont particulièrement inquiétantes.
  • Sur une note plus anecdotique, mais tout aussi pertinente, l'attitude ostentatoire des agents de sécurité (étrangers) de cette nouvelle entreprise, n'hésitent pas à afficher leurs armes de gros calibre sur la voie publique, arretant ou déviant la circulation sans que cela ne semblent inquiéter les autorités policières, ni même les agents de la MINUSTAH
D'un autre coté, depuis quelques semaines, grace notemment à Valérie Numa de Vision 2000, la notion de protection du consommateur semble faire son chemin dans nos esprits. Nous ne pouvons plus nous laisser gruger par des prestataires (tant publics que privés) peu soucieux de la satisfaction de leur clientèle. Nous attendons encore de véritables associations, mais l'idée fait sa route.